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10 octobre 2021
Association

Quelle performance

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Imaginez 3.9 km à la nage, 180 km en vélo et un marathon, en 10h37

Et bien Jeanne TONDUT, ENISE 2019, l'a fait et a gagné l'Ironman féminin de Nice ce 12 septembre 2021.

Un exploit que beaucoup de sportifs voudraient réaliser, et là, il faut admettre que Jeanne nous bat à plate couture.

Jeanne nous parle de son parcours et de sa vie sportive et de doctorante en mécanique.

Le déroulement de l'épreuve nous permet d'entrevoir l'état d'esprit de notre performeuse; mais Jeanne ne laisse pas paraître les contraintes physiques d'une telle épreuve

Dimanche 12 septembre 2021, j’ai pris le départ de mon premier IRONMAN.

Tout a commencé en 2013. Par suite d'une blessure, j’ai dû mettre un terme à ma saison sportive de natation alors que je terminais mes années lycées à Cherbourg. Après quelques mois de convalescence, je décidais de changer de sport et de me mettre au triathlon

Le goût du triple effort m’a tout de suite plu et j’ai débuté les compétitions sur un format sprint (750m de natation – 20km de vélo – 5km de course à pied).

A cette époque, courir un Ironman (3,8km de natation – 180km de vélo – 42km de course à pied) relevait de l’utopie.

En effet, mon corps ne me permettait pas de courir comme je le voulais et les blessures au niveau des tibias s’enchainaient…

En 2016 une fracture de fatigue me force à l’arrêt alors que j’envisageais de courir mon premier half-ironman (1.9km de natation – 90km de vélo – 21km de course à pied).

Quand on lit mon histoire, on comprend pourquoi j’étais très émue dimanche 12 septembre à 6h du matin, quelques minutes avant le départ de l’IRONMAN de Nice, et pourtant j’étais loin d’imaginer le dénouement de cette journée ! J’avais comme simple objectif de terminer la distance. Bien sûr, dans un coin de ma tête je m’étais donné un objectif chronométrique : moins de 12h.

Le parcours vélo à Nice était vallonné, il était difficile d’estimer le temps que j’allais mettre…

Mais une fois le départ donné, il n’était plus l’heure de faire quelconques hypothèses chronométriques et l’émotion a fait place à la concentration.

Du début à la fin, je suis restée concentrée sur les consignes que mon entraineur m’avait données, sans me laisser déborder par l’émulation du public qui s’était donné rendez-vous sur la promenade des Anglais.

Avec mon passé de nageuse il m’arrive souvent de prendre la tête de la course femme dès la sortie de l’eau. Mais le plus souvent, les autres féminines ont un niveau bien plus élevé que le mien en course à pied.

J’étais donc très étonnée de ne pas me faire reprendre sur le marathon. J’ai fait la course en étant concentrée sur mes sensations, sans penser à mes concurrentes. Je n’ai pas encore l’expérience pour me permettre de gérer un tel effort en fonction des autres !

Alors forcément quand j’ai pris la direction de la ligne arrivée, j’avais du mal à y croire… Ce mélange d’émotions, je ne l’oublierai jamais !

Même si le triathlon occupe une grande partie de ma vie, cela ne m’empêche pas de m’épanouir d’un point de vue professionnel. J’ai été diplômée de l’ENISE en 2019 avec la spécialité Génie Mécanique – conception et simulation.

En 5e année j’ai décidé de réaliser le double cursus avec le master de Tribologie qui m’a permis de mettre un pied dans la recherche.

Aujourd’hui, je fais une thèse en mécanique des structures, à l’université de Lyon (UCBL Lyon 1).

Je m’attache à développer des structures innovantes dédiées à l’absorption d’énergie cinétique en cas d’accident.

Ma thèse est financée par la délégation à la sécurité routière (DSR) qui dépend du ministère de l’intérieur. J’utilise des algorithmes d’optimisation que je couple à de la simulation numérique de crash de voiture, pour définir la forme la plus approprié à l’absorption d’énergie.

En fait, le but est d’absorber le plus d’énergie mais sans que cela ne mette en danger les occupants des véhicules accidentés : c’est donc l’absorption par déformation plastique qui est privilégiée.

Ma thèse est donc un mélange de simulation numérique et d’essais expérimentaux qui je l’espère, aboutira à faire avancer la science.

Contribuer à faire avancer le monde de demain est un véritable leitmotiv professionnel.

De nouveaux défis vont rythmer mon année 2022. D’abord avec une soutenance de thèse prévue en juillet 2022, puis avec les championnats du monde d’Ironman à Hawaii en octobre.

En attendant, je vais chercher des partenaires du secteur privé qui seront prêt à m’accompagner dans ce beau défi.

A travers mon parcours, j’aimerais partager des valeurs telles que la rigueur, l’humilité et la persévérance mais également montrer que le sport de haut niveau n’est pas incompatible avec la réussite scolaire, au contraire.

Après une telle performance, vous pouvez, bien sûr, si vous le souhaitez, aider en sponsorisant Jeanne pour être dans les meilleures conditions à Hawaï en Juin 2022

Jeanne.tondut@gmail.com




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